Grève du 5 décembre : hôpitaux, écoles, mairies, énergie… À quelles perturbations s’attendre ce jeudi ?

Dans plusieurs secteurs, les syndicats appellent à la mobilisation pour protester contre les mesures d’économie du gouvernement.

Les syndicats montent au front contre les mesures du gouvernement. Considérant que «ce n’est pas aux agents publics de payer la dette», la quasi-totalité des organisations représentatives de la fonction publique ont appelé à une mobilisation ce jeudi 5 décembre. Une «journée d’action, de rassemblements, de manifestations et de grève» organisée pour faire barrage aux 1,2 milliard d’euros d’économies prévues dans l’administration par le gouvernement pour le budget 2025. CGT, CFDT, UNSA, FSU, Solidaires, CFE-CGC et FA-FP appellent au débrayage. De son côté, Force ouvrière, deuxième syndicat au niveau de l’ensemble de la fonction publique, ne s’est pas joint à cette déclaration et a maintenu un appel à la grève de trois jours reconductible «au même moment que la grève des cheminots».

Si le ministre de la Fonction publique Guillaume Kasbarian avait accepté de renoncer à la suppression des catégories A, B et C, plusieurs points de blocage persistent. L’intersyndicale est très remontée contre le passage à trois jours de carence au lieu d’un, en cas d’arrêt maladie, la baisse d’indemnisation de 100% à 90%, le non-versement de la prime pouvoir d’achat Gipa ou encore le gel du point d’indice. «Force est de constater que Guillaume Kasbarian n’a pas répondu à la plupart des autres propositions et revendications portées par les organisations syndicales», souligne la CGT dans un communiqué.

Écoles, hôpitaux, mairies…

Concrètement, le mouvement devrait avoir des conséquences dans l’Éducation, où les syndicats ont appelé à suivre l’appel à la grève de l’intersyndicale. Plusieurs villes, à l’image de Strasbourg, ont déjà prévenu les parents que les cantines seraient fermées jeudi. L’accueil pourrait aussi être perturbé dans plusieurs services publics territoriaux, comme les mairies.

Les hôpitaux aussi devraient se mobiliser, la plupart des syndicats du personnel soignant ayant notamment dénoncé le passage à trois jours carence et la baisse de l’indemnisation des arrêts maladie. Deux propositions qu’ils voient comme «une très mauvaise réponse à un problème qui a déjà une solution : la mise en application des mesures de contrôle des arrêts maladie diligentées par la CPAM (Caisse primaire d’assurance maladie) ou par les employeurs».

Énergie

Les fonctionnaires ne seront pas seuls à faire grève ce jeudi, puisque la CGT, CFE-CGC, CFDT et FO ont appelé «l’ensemble des entreprises du secteur électrique et gazier» à une mobilisation à la même date. Eux protestent contre leurs négociations salariales, qui ont débuté dans les entreprises et ne sont «pas au niveau» des revendications. Hasard du calendrier, la date du 5 décembre correspond à une réunion prévue de l’organe de branche de l’énergie. Cette journée de grève ne devrait toutefois pas avoir de conséquences notables pour le public, mais devrait surtout se traduire par un manque à gagner pour les entreprises.

Dans le secteur des industries électriques et gazières, les augmentations générales sont décidées au niveau de la branche et s’appliquent dans l’ensemble des entreprises, qui négocient ensuite une enveloppe d’augmentations individuelles, l’addition des deux donnant l’augmentation globale des salariés. «En augmentation générale, on est à +0,8%. En entreprises, l’ensemble des quatre organisations syndicales représentatives de la branche ont demandé 2,3% en mesures individuelles», a déclaré Laurent Koessler, chargé du dialogue social à la CFE-Energies, deuxième organisation du secteur, qui compte un peu moins de 140.000 salariés.

Source du contenu: www.lefigaro.fr