La sculpture, intitulée Le Désespoir, a largement dépassé sa mise à prix. Le Comité Rodin évoque l’une des pièces «les plus recherchées» mises en vente ces dernières années.
Un petit marbre d’Auguste Rodin, retrouvé par hasard entre la Sologne et le Berry, a été adjugé 860.000 euros lors d’une vente organisée ce week-end au château de Villandry (Indre-et-Loire). « C’est un marbre rarissime. Sur près de 6000 résultats de vente aux enchères concernant Rodin, dans les bases de données professionnelles du monde entier, on compte moins de 80 marbres », avance Aymeric Rouillac, l’un des commissaires-priseurs à l’origine de la vente.
Le Désespoir, réalisé vers 1892, constitue une variante de la célèbre et monumentale Porte de l’Enfer . Il représente une femme assise, repliée sur elle-même et se tenant le pied. La sculpture de marbre blanc, qui mesure 28,5 cm de haut, avait été mise à prix 500.000 euros.
La confirmation du comité Rodin
À l’origine de la découverte, des clients qui pensaient que la sculpture qui trônait depuis longtemps sur le piano à côté de photos de famille était « un faux ». Pendant plusieurs mois, avec ses équipes et des spécialistes, le commissaire-priseur a d’abord conduit une enquête généalogique de la famille.
Forts de résultats prometteurs, Aymeric Rouillac a présenté la pièce au comité Rodin en mars et a reçu confirmation de l’authenticité du Désespoir un mois et demi plus tard. Le comité a confirmé que ce marbre « était déjà passé dans une vente aux enchères en 1906 et qu’il avait ensuite disparu de la circulation. Nous l’avons donc retrouvé. »
En 1880, Rodin avait reçu de la direction des Beaux-Arts de Paris la commande d’une porte décorative – La Porte de l’Enfer – s’inscrivant dans le projet de la création d’un musée des arts décoratifs qui viendrait s’élever à l’emplacement de la Cour des comptes, incendiée en 1871.
« Il s’agit probablement du marbre le plus recherché mis en vente depuis des années », a indiqué Jérôme Le Blay, directeur du Comité Rodin, dans un message transmis à l’AFP. Selon lui, « la prouesse de la sculpture est stupéfiante, restituant la tension de chaque muscle et nerf, tout en préservant la sensualité de la peau ».
GUILLAUME SOUVANT / AFP
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