Vingt mois après, le retour des corps de deux otages israéliens

Les cadavres de ce couple américano-israélien, tué le 7 octobre 2023, avaient été conservés par le Hamas à Gaza.

Ils s’appelaient Judi Weinstein-Haggai et Gadi Haggai. Elle avait 70 ans, était poétesse, enseignante, américano-israélienne. Lui, 72 ans, musicien, cuisinier au kibboutz Nir Oz. Ils avaient quatre enfants, sept petits-enfants, et partageaient une vie paisible, jusqu’à ce samedi 7 octobre 2023. Ce jour-là, ils sont sortis pour une promenade matinale et n’en sont jamais revenus, attrapés par des hommes armés du groupe des Brigades des Moudjahidine, lors de l’attaque brutale contre Nir Oz.

Le 5 juin 2025, vingt mois plus tard, leurs corps ont été retrouvés dans le secteur de Khan Younès, au sud de Gaza, lors d’une opération conjointe des forces spéciales israéliennes et du Shin Bet, le service de sécurité intérieure. Ils avaient été retenus dans l’enclave palestinienne.

« Une incertitude a pris fin »,

Leur fils Ahl Haggai.

Une opération discrète et un soulagement amer

Selon la radio de l’armée israélienne, l’identification des lieux a été rendue possible grâce à l’interrogatoire d’un combattant palestinien capturé à Gaza. «Lors d’une opération spéciale menée par le Shin Bet, les corps de deux de nos victimes enlevées (…) ont été restitués à Israël», a déclaré Benyamin Netanyahou sur X. À ce jour, 199 otages ont été restitués à Israël (vivants ou morts), mais aucun accord de trêve durable n’a été conclu depuis janvier. Le président Isaac Herzog affirme qu’Israël « continuera à faire tout ce qui est en son pouvoir pour ramener nos sœurs et nos frères de l’enfer – les vivants pour qu’ils puissent guérir et se reconstruire, et les morts pour qu’ils reposent en paix ».

Les États-Unis ont eux aussi réagi. Le secrétaire d’État Marco Rubio a renouvelé son appel à la libération immédiate des otages restants, citant notamment les noms de deux autres Israélo-Américains, Omer Neutra et Itay Chen, également tués le 7 octobre.

Israël compte encore 56 ressortissants retenus à Gaza. La majorité d’entre elles auraient été enlevées lors de l’attaque sans précédent du Hamas, qui a fait plus de 1 200 morts en Israël, selon les autorités, et enclenché une opération militaire de très grande envergure dans l’enclave palestinienne.

Alors que la société israélienne reste marquée par le traumatisme du 7 octobre, les représailles militaires à Gaza ont basculé dans une intensité telle qu’elles interrogent — jusque dans les rangs d’anciens diplomates et militaires israéliens. Depuis le début de l’offensive, plus de 54 000 Palestiniens ont été tués, selon le Hamas, dont une majorité de civils. La population gazaouie est désormais confrontée à la famine, déplacée par millions, et coupée de soins élémentaires.

C’est dans ce paysage d’apocalypse que les corps du couple Haggai ont été retrouvés, à Khan Younès, ville rasée puis réinvestie par Tsahal.

Le retour des corps de Gad et Judi Haggai rappelle une vérité crue : dans cette guerre, même les morts restent prisonniers. Et les vivants, eux, sont tenus en otage par une impasse politique où la souffrance civile est devenue un levier de négociation.

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