Taxis : une deuxième journée de mobilisation ce mardi contre la réforme du transport sanitaire

Après des discussions avec le gouvernement qui n’ont débouché sur aucune avancée lundi soir, les organisations représentatives de la profession ont décidé d’appeler de nouveau les chauffeurs à la grève sur tout le territoire.

Les lumières des taxis ne vont pas encore repasser au vert. La manifestation des chauffeurs, entamée lundi, se poursuit ce mardi 20 mai dans plusieurs villes de France. Les préfectures de l’Isère ou encore des Pyrénées-Atlantiques ont par exemple annoncé des perturbations de trafic dans la matinée. Leurs principales agglomérations, comme Pau et Grenoble, sont touchées. À la douane de Bardonnex, à la frontière franco-suisse, par laquelle transitent quotidiennement des centaines de travailleurs frontaliers pour se rendre sur leur lieu de travail en Suisse, «10 km de ralentissement» étaient signalés sur l’A40 par la préfecture de Haute-Savoie ce matin.

Dans la nuit de lundi à mardi, la préfecture de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur a également réagi à la reconduction de la grève des taxis en annonçant de «fortes perturbations, dès 7h du matin, en particulier sur le réseau autoroutier aux trois entrées de Marseille via les autoroutes A7, A55 et A50». À Paris, près d’un millier de taxis se sont rassemblés lundi. Ce même jour, des tensions sont survenues en fin d’après-midi dans le 6e arrondissement de la capitale, aboutissant à 64 interpellations selon la préfecture de police.

Une centaine de taxis continuaient de bloquer le boulevard Raspail mardi à Paris, près du ministère des Transports, pour s’opposer aux nouvelles conditions tarifaires du transport sanitaire et à la concurrence des VTC, a constaté un journaliste de l’AFP. Les chauffeurs étaient toutefois moins nombreux que lundi selon la Préfecture de police.

«J’invite tous les taxis de France qui se sentent concernés, et vous devez tous l’être, à venir sur Paris et Pau», la ville du Premier ministre François Bayrou, a déclaré Emmanuelle Cordier, présidente de la Fédération nationale du taxi (FNDT). «Il n’y a que votre force qui fera la différence», a-t-elle lancé devant les grévistes dont certains, venus du Rhône, de la Loire, du Finistère ou encore de l’Oise, ont fait plusieurs centaines de kilomètres pour manifester dans la capitale.

La nouvelle tarification du transport sanitaire dans le viseur

Les associations représentatives de la profession – Fédération nationale des artisans du taxi (FNAT), Fédération nationale des taxis indépendants (FNTI), Fédération nationale du taxi (FNDT), Union nationale des taxis (UNT), Union nationale des industries du taxi (UNIT) – veulent protester contre le projet de l’Assurance maladie sur le transport de malades, approuvé vendredi 16 mai par le gouvernement dans un arrêté. Celui-ci entend supprimer le remboursement systématique des retours à vide et encourager le transport partagé entre patients pour freiner l’explosion des dépenses de transport sanitaire. Elles ont bondi de 45% depuis 2019, pour atteindre 6,74 milliards d’euros en 2024 selon la Cnam.

De leur côté, les professionnels dénoncent une réforme qui met en péril leur activité, notamment en zones rurales. La FNDT a indiqué lundi que les discussions avec les cabinets de leurs ministères de tutelle n’ont débouché sur aucune avancée notable. Les fédérations de taxis réclament avant tout le «gel immédiat» de la réforme «en vue de préserver un espace de dialogue avec la profession et de permettre une réévaluation approfondie de ses dispositions».

«La future convention apparaît mortifère pour un grand nombre de sociétés», dénonçait dernièrement Julien Brugerolles, député de la 5e circonscription du Puy-de-Dôme, dans une lettre adressée au ministre chargé de la Santé. En 2023, la France comptait environ 28.916 entreprises de taxis conventionnés, exploitant au total près de 40.132 taxis agréés pour le transport sanitaire avec l’Assurance maladie, selon la Fédération nationale des ambulanciers privés.

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