ENTRETIEN – Monter Le Soulier de satin est un défi à la hauteur des metteurs en scène les plus audacieux. L’administrateur de la Comédie-Française en propose une version «immersive».
Une pièce si longue et si complexe que beaucoup s’y sont cassé les dents, mais aussi un mythe du théâtre français. C’est en partie par amour pour Claudel que le patron du Français a choisi de mettre en scène son fameux Soulier de satin. La pièce, qui sera jouée jusqu’au 11 avril, s’apparente à une forme de bouquet final pour Éric Ruf, qui quittera son mandat d’administrateur général de la Comédie-Française en juin 2025.
Le comédien, metteur en scène et scénographe de 55 ans évoque sa vision de la pièce et de son auteur. Il explique aussi comment il l’a adaptée pour que ses acteurs et les spectateurs ne le lâchent pas dans une aventure qui reste un peu folle.
LE FIGARO. – La comédienne Marie Bell avait dit à Paul Claudel à propos du Soulier de satin : « Je n’y comprends rien ! » Le dramaturge lui répondit dans un éclat de rire : « Vous avez raison ! C’est in-com-pré-hen-sible ! » Mais il ajouta : « Vous allez voir. C’est une affaire de respiration. […] Je vais vous lire et vous allez tout comprendre. La poésie, ce sont des mots avec de la musique. » Tout est là ?
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ÉRIC RUF. – Moi, J’ai eu la chance de bénéficier de l’enseignement de Madeleine Marion au Conservatoire. Antoine Vitez disait que, sans elle, il n’aurait jamais compris Claudel. Ce qui était magnifique chez Madeleine, c’était sa manière de nous l’enseigner dans un concret absolu. Elle nous disait que son théâtre était surtout un théâtre de situation et pas du tout cette…
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