RÉCIT – Avec l’incarcération, il y a un mois, d’Ekrem Imamoglu, le maire d’Istanbul et rival du président Erdogan, le centre pénitentiaire de Silivri, où s’entassent les opposants, est devenu le symbole d’un pays où la justice obéit aux aléas de la politique.
C’est une tache sombre en pleine verdure. Une masse de béton cernée de barbelés au milieu de vastes champs bordant la mer de Marmara. En ce début de printemps, la prison de Silivri est restée en hiver. Le 23 mars, Ekrem Imamoglu, le très populaire maire d’Istanbul et adversaire numéro un du président Erdogan, a rejoint la longue liste des quelque 22.000 locataires de ce tristement célèbre centre pénitentiaire, à presque deux heures de voiture de la mégapole turque.
Arrêté au petit matin du 19 mars, puis placé en garde à vue, il y a été transféré dans l’attente de son jugement pour « corruption ». « C’est un coup d’État. Sa détention est purement politique. Elle coïncide avec l’annonce officielle de sa candidature au scrutin présidentiel de 2028 . Le pouvoir tremble de sa popularité croissante et veut tout faire pour lui barrer la route », clame Lal Denizli, la nouvelle maire de la ville de Çesme, devant l’imposante entrée de ce complexe ultrasécurisé.
Des incarcérations ubuesques
Le 9 avril, cette jeune élue…
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