REPORTAGE – Les jeunes protestent contre la dérive autoritaire du président de l’AKP, la confiscation de leurs droits et le manque de perspectives économiques.
Minijupe et santiags, Meltem débarque comme une fusée à la terrasse de ce troquet ensoleillé, vue plongeante sur le Bosphore. Quelques minutes de répit volées à ces journées de colère, « où notre avenir est en jeu », insiste l’étudiante d’ITU (Istanbul Technical University). À peine assise, elle scanne de ses grands yeux verts la carte des boissons, soucieuse de ne pas piocher parmi les « produits boycottés ». Avec ses camarades de campus, elle est l’un des fers de lance du mouvement visant à bouder les enseignes proches du pouvoir.
« La mobilisation produit ses effets », sourit-elle, en affirmant que le chiffre d’affaires de la chaîne de restauration rapide Espressolab a chuté de deux tiers. Plus de deux semaines, déjà, que la jeune femme de 25 ans enchaîne manifestations et sit-in anti-Erdogan devant les marches de sa faculté. Rien ne la retient depuis l’arrestation, le matin du 19 mars, d’Ekrem Imamoglu, le très populaire maire d’Istanbul et fervent opposant au président islamo-nationaliste…
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