Il s’agit de la première étape de la guerre commerciale enclenchée par Donald Trump. Ce plancher universel s’additionne aux taxes douanières qui existaient déjà et d’autres surtaxes viendront s’ajouter.
L’inquiétude des marchés financiers n’aura pas suffi pour que Donald Trump fasse machine arrière. Le président américain ne perd pas de temps depuis son allocution de mercredi dernier sur la hausse de droits de douane à l’encontre de 180 pays. Dès ce samedi, une grande partie des produits que les États-Unis importent du reste du monde sont visés par une surtaxe douanière de 10%. Ce plancher universel s’additionne aux taxes douanières qui existaient au préalable.
Une première déflagration pour les pays concernés qui représentent la quasi-totalité des États de la planète, y compris les pays membres de l’Union européenne, le Royaume-Uni, Israël, Singapour, Taïwan, l’Ukraine et bien sûr la Chine. Certains biens sont toutefois exemptés de cette surtaxe douanière, à savoir le pétrole, le gaz, le cuivre, l’or, l’argent, le palladium, le bois de construction, les semi-conducteurs, les produits pharmaceutiques et les minéraux introuvables sur le sol américain. L’acier, l’aluminium et les voitures importés ne sont pas non plus concernés, car ils sont déjà visés par un taux de 25% de taxes douanières.
Une addition plus lourde à partir du 9 avril
Si l’instauration de ces 10% supplémentaires va déjà entacher les relations commerciales avec les États-Unis, l’addition sera nettement plus lourde à partir du 9 avril pour les pays qui exportent davantage vers les États-Unis qu’ils n’importent de produits américains. Ainsi, la Chine est visée par une hausse de 54% de droits de douane supplémentaires, +46% pour le Vietnam, +24% pour le Japon ou encore +20% pour l’Union européenne. Au total, environ 80 pays et territoires sont concernés par des augmentations supérieures à 10%, en comptant les 27 pays du bloc européen, selon un document officiel publié vendredi par la Maison-Blanche.
Le gouvernement américain est toutefois revenu sur certaines aberrations et a raccourci sa liste des plus taxés. Les îles françaises de Saint-Pierre-et-Miquelon ne seront pas visées par une hausse de 50%, initialement inscrite par la Maison-Blanche. Les territoires australiens des îles Heard et McDonald, dans la région subantarctique, ont également été supprimés de la liste, n’abritant que des colonies de manchots. Leur présence avait suscité un mélange de stupéfaction et de moqueries concernant la méthodologie de l’administration américaine.
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«C’est un bon moment pour devenir riche»
Une interrogation demeure toutefois sur les pays les plus pauvres de la planète, qui figurent toujours dans la liste de la Maison-Blanche. L’ONU commerce et développement (Cnuced) a partagé son inquiétude vendredi, soulignant que les pays les moins avancés et les petits États insulaires en développement étaient responsables, respectivement, de 1,6% et 0,4% du déficit commercial américain. Ces pays, a-t-elle observé, «ne contribueront ni à rééquilibrer le déficit commercial ni à générer des recettes significatives».
L’annonce de Donald Trump, prononcée mercredi dernier, a foudroyé l’économie mondiale. Selon les économistes, les barrières douanières promises seront aussi hautes que dans les années 1930 aux États-Unis, à une époque où les flux étaient éminemment plus faibles et les pays moins dépendants de la production des autres.
Il n’a fallu attendre que quelques heures pour que les marchés financiers s’effondrent. À cela s’ajoute la riposte annoncée par Pékin (+34% sur les produits américains dès le 10 avril). En deux jours, la place américaine a vu s’envoler plus de 6000 milliards de dollars de capitalisation boursière, selon l’indice Dow Jones US Total Stock Market. Mais pour Donald Trump, hors de question de revenir sur sa décision. «Sachez que je ne changerai jamais de politique. C’est un bon moment pour devenir riche, plus riche que jamais!», a-t-il fanfaronné vendredi, sur sa plateforme Truth Social.
Donald Trump a par ailleurs exhorté le président de la Réserve fédérale (Fed) à baisser les taux d’intérêt, estimant que c’était le moment «parfait» grâce aux progrès observés sur certains prix (pétrole, œufs) depuis son retour au pouvoir en janvier. Quelques minutes plus tard, le président de l’institution monétaire a pourtant brossé un tableau plutôt sombre des perspectives pour l’économie américaine, avec les droits de douane : potentiellement plus d’inflation, moins de croissance et plus de chômage.
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