PORTRAIT – En refusant de s’incliner devant les diktats des obsessions identitaires de son époque et en s’attachant à raconter une Amérique enracinée dans des traditions méprisées par les élites, ce cow-boy réalisateur de la série Yellowstone a séduit des dizaines de millions de spectateurs tout en étant boudé par l’intelligentsia culturelle.
Aucun pays ne se raconte autant par ses fictions que l’Amérique. Dans cette chorale de récits cinématographiques et télévisuels qui résonne partout sur la planète depuis plus d’un demi-siècle, asseyant l’hégémonie culturelle des États-Unis, les solistes californiens et les ténors new-yorkais donnent le la. Mais depuis dix ans, une voix dissonante se démarque et s’impose. Elle vient du Texas. Et elle s’appelle Taylor Sheridan.
Si le nom de ce Texan de 54 ans, gros bras grande gueule, ne vous dit rien, c’est normal. L’homme n’est pas vraiment la tasse de thé des médias américains. Pire : il serait coupable de parler à l’Amérique « trumpiste » — même si l’on ne sait toujours pas vraiment ce que cela désigne. Il n’a pourtant jamais appelé à voter pour qui que ce soit, n’a jamais participé à un meeting du président, aurait même déclaré à l’époque qu’il fallait « destituer ce fils de pute », et des voix de la frange la plus radicale des conservateurs l’accusent même d’être woke…
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