CRITIQUE – L’Opéra de Nice fait redécouvrir cette œuvre rare de Bohuslav Martinu. Et réussit un spectacle total, notamment grâce à la qualité des interprètes.
Avec Juliette ou la clé des songes, de Bohuslav Martinu, voici encore une redécouverte majeure à mettre au crédit de l’Opéra de Nice. Son directeur, Bertrand Rossi, sait bien que son public épris de belcanto risque de répondre moins présent pour une rareté des années 1930. Mais il faut essayer, jusqu’à ce que le public soit prêt à emprunter des sentiers moins battus. Ce nouveau spectacle a les atouts pour y parvenir.
L’œuvre, d’abord. Compositeur tchèque installé en France, Martinu est un créateur captivant, et son opéra, inspiré par la pièce de Georges Neveux portée à l’écran par Marcel Carné avec Gérard Philipe, ne l’est pas moins. Entre surréalisme et psychanalyse, entre fantaisie drolatique et lyrisme sincère, il nous conduit dans un monde où les personnages n’ont plus d’autres souvenirs que ceux qu’ils se fabriquent eux-mêmes. La musique oscille entre une motorique étourdissante et des alliages de timbres envoûtants, quelque part entre Paris et l’Europe centrale.
Une œuvre à l’imagination sans limite
La mise en scène, ensuite…
Source du contenu: www.lefigaro.fr






