EXPOSITION – Menée comme une enquête, l’exposition au musée du sculpteur sur le monument parisien dédié à l’écrivain dévoile les recherches pour parvenir à ce résultat.
Comment naît la sculpture d’un grand homme comme Balzac, disparu depuis près d’un demi-siècle, écrivain génial, mais homme petit et ventru, et que l’on s’appelle Rodin, le père de la sculpture moderne ? C’est une vraie enquête artistique que propose le Musée Rodin en suivant à la trace le travail obstiné du sculpteur, choisi en 1891, grâce à Zola, pour sculpter un monument à Balzac, auteur prolifique mort en 1850 à 51 ans.
Refusé par ses commanditaires dès 1898, le monument n’est jamais monté du vivant de l’artiste (il sera fondu vingt ans après la mort de Rodin en 1917 et installé en 1939 au carrefour Vavin à Paris). Comment Rodin part à la recherche de ce corps illustre, le met d’abord à nu en faisant poser un charretier de sa Touraine natale en 1891, y retrouve son tailleur et lui fait faire un costume de Balzac pour mieux appréhender sa physionomie, puis cache le corps refusé — car si loin de tout idéal — sous les plis d’un grand drapé, en se tournant vers le mythe d’un Balzac écrivant en robe de chambre… C’est tout un roman.
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« Couvrez ce corps que nous ne saurions voir ! », lui enjoint en substance cette France académique de la fin XIXe, siècle éloquent et vachard où les caricaturistes s’en donnent à cœur joie pour camper un Balzac gros et jovial, écrasé par son génie comme un ogre au banquet, qui écrirait en longue robe de moine…
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