REPORTAGE – L’assassinat d’un fossoyeur reconnu, au nord-est de la Colombie, a plongé la population dans le désarroi, et déclenché une série de violences. Depuis, les services de pompes funèbres s’interrogent : comment continuer à travailler, malgré les risques, dans une région où ils remplacent les services minimums de l’État colombien, aux abonnés absents.
Derrière les épaisses grilles d’un bâtiment gris, surveillé par un important dispositif policier, 150 individus tentent de tromper l’ennui. Menacés, déplacés du Catatumbo, où ils vivaient, ils demeurent depuis plusieurs semaines dans ce centre d’hébergement d’urgence, tenu par les Missionnaires scalabriniens (ordre religieux fondé à la fin du XIXe siècle par saint Jean-Baptiste Scalabrini, NDLR). Le nom ne peut être divulgué pour des raisons de sécurité. Une forte odeur de poulailler emplit l’air dans cette zone excentrée de Cucuta, la capitale de Norte de Santander.
Les enfants dessinent à la craie sur les pavés de la cour, sous le regard sombre, parfois sans émotion, de leurs parents. Parmi eux, Moises Vaca, les traits tirés, se tient accroupi devant une aire de jeux, entouré des membres de sa famille, tous survivants du massacre survenu le 16 janvier dernier. Ce jour-là, au milieu des collines touffues de La Gabarra, une région reculée et rurale du Catatumbo, les Vaca s’attablaient à…
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