Ses victimes étaient âgées de deux à cinq ans. L’homme travaillait dans la petite enfance et a sévi entre 2003 et 2022.
«Il a été évalué comme présentant un niveau élevé de déviance sexuelle», a déclaré le procureur de la région du Queensland en Australie. Ce dernier représentait 69 victimes de «l’un des pires pédophiles» du pays, Ashley Paul Griffith. Âgé de 46 ans, celui qui travaillait dans des garderies a reconnu avoir violé des dizaines de jeunes filles âgées de 2 à 5 ans, selon la BBC. Durant 21 ans, il a pu sévir sans être inquiété avant d’être arrêté en 2022. Il a finalement été reconnu coupable, jeudi 28 novembre, de 307 délits majeurs et graves, pour lesquels il a été condamné à la prison à perpétuité sans possibilité de libération avant 2049.
Ashley Paul Griffith agressait sexuellement les petites filles pendant qu’elles étaient éveillées ou endormies. Il leur donnait parfois un iPad pour les distraire pendant qu’il leur faisait subir «ses déviances sexuelles». Certains abus ont duré jusqu’à 30 minutes et se sont produits à proximité d’autres enfants. L’antenne australienne d’ABC News raconte que certains détails ne peuvent pas sortir dans la presse tant ils sont sordides.
Le criminel ne s’est pas contenté de violer les enfants, mais s’est aussi filmé en train de le faire, révèle tout de même la chaîne de télévision. Le tribunal a également indiqué qu’il regardait les images de ses propres sévices pour son plaisir personnel, il en faisait parfois des montages avant de les poster sur le dark web. Dans certaines vidéos, les forces de l’ordre l’entendaient se moquer de ses victimes lorsque ces dernières lui demandaient d’arrêter. Enfin, il a été prouvé qu’Ashley Paul Griffith téléchargeait des vidéos pédopornographiques dans lesquelles des abus étaient infligés à des jeunes enfants. Il y laissait alors des commentaires en expliquant aux utilisateurs comment procéder pour violer une jeune fille.
«Nous l’avons invité dans notre maison»
Durant le procès, les parents ont notamment raconté la «douleur imaginable» que ces crimes ont causée, rapporte The Guardian . «Les enfants font la sieste sur les mêmes lits que ceux sur lesquels les enfants ont été violés», a déclaré un père de famille à ABC News. Une mère a raconté s’être sentie trahie par cet homme : «Nous l’avons invité dans notre maison, dans notre vie et dans notre famille». «(Ma fille) vous aimait comme un oncle et vous l’avez utilisée comme un jouet», a lancé un autre parent à l’attention du criminel, dans des propos cités par le journal News Corp Australia .
«Je ne pourrai jamais savoir ce que cela aurait été de grandir sans avoir peur des gens», a raconté une jeune femme au tribunal, citée par The Guardian. Victime de plus de 50 abus alors qu’elle n’avait que 3 ou 4 ans, cette dernière a aussi expliqué avoir grandi en présentant des symptômes de stress post-traumatique. Selon sa mère, elle a arrêté de parler aux «grandes personnes» à l’âge de cinq ans. «Elle n’avait pas le vocabulaire nécessaire pour nous expliquer pourquoi elle avait peur des adultes», a-t-elle confié à la cour. «Comment aurions-nous pu savoir que le plus grand danger pour notre enfant était celui à qui elle avait été confiée ?», s’est demandé la mère de famille.
En dehors du tribunal, les parents en colère ont demandé une enquête sur les garderies qui ont engagé Ashley Paul Griffith. «Il y a des entreprises, des employés et des régulateurs qui ont ignoré les signaux», a dénoncé un père de famille à la chaîne de télévision australienne 9news. «Aujourd’hui, les parents amènent leurs enfants dans ces centres avec un sentiment d’insécurité», explique un père aux journalistes présents à la sortie du tribunal.
«Le fait que les systèmes soient si fragiles, que nos enfants aient été mis en danger montre pourquoi nous devons faire beaucoup mieux pour les protéger», a réagi le premier ministre de l’état du Queensland. Cette affaire n’est de toute manière pas terminée puisque Ashley Paul Griffith fait l’objet d’un mandat d’arrêt en Nouvelle Galles du Sud (un autre État d’Australie) pour des délits sexuels sur mineurs commis entre 2014 et 2018.
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