L’organisation à but non lucratif, American Accountability Foundation, exhorte Donald Trump à les licencier en raison de leurs critiques à son égard ou de leur soutien financier à des causes du Parti démocrate.
Un groupe conservateur américain a publié mardi 4 février une liste intitulée «Diversity, Equity and Inclusion, DEI Watch List» indiquant les noms et les photos de 57 fonctionnaires fédéraux américains au sein de 8 agences fédérales qui soutiennent des politiques de diversité et d’inclusion, rapporte le quotidien britannique The Guardian . L’organisation à but non lucratif, American Accountability Foundation, exhorte Donald Trump à les licencier en raison de leurs critiques à son égard ou de leur soutien financier à des causes du Parti démocrate. Cette association a été fondée en 2020 afin de s’opposer aux politiques dites «inclusives» de Joe Biden en révélant «la vérité sur les personnes et les groupes qui nuisent à la démocratie américaine», selon son site web.
Depuis l’élection de Donald Trump, l’association a multiplié ces actions contre les personnes travaillant pour le gouvernement américain. En décembre 2024, alors que Pete Hegseth avait été désigné par Donald Trump pour être ministre de la Défense, l’organisation avait envoyé au chef du département une liste de 20 dirigeants de l’armée soupçonnés d’être des «idéologues wokes», rapporte un de leur communiqué de presse.
Le site «DEI Watch List» , créé par cette association, répertorie de façon très précise l’agence pour laquelle les fonctionnaires travaillent, leurs postes, leurs salaires, leurs diverses expériences professionnelles passées, la date et le montant des dons faits à des mouvements politiques, les postes sur les réseaux sociaux relatant des tendances dites «wokes», ainsi que les publications critiquant Donald Trump et son administration.
Pour exemple, un analyste de santé publique du Centre pour le contrôle et la prévention des maladies est affiché sur le site, car il se décrit sur sa page LinkedIn comme un «agent en faveur d’un changement en matière de diversité, d’équité et d’inclusion». Il y est également écrit qu’il a effectué un stage «au sein d’une organisation qui a inscrit des personnes aux avantages de l’Obamacare ». Le site conclu qu’en raison de ces opinions, il est selon eux «peu apte» pour son travail actuel.
«Le fléau des bureaucrates wokes»
Son président Tom Jones prévoit de mettre à jour ces listes et d’y inclure les employés d’autres agences fédérales. Il souhaite mettre en avant les personnes qui ont refusé l’offre de démission de Donald Trump. «Le fléau des bureaucrates wokes, partisans de l’ouverture des frontières qui entravent la sécurité des frontières et facilitent l’invasion de notre pays, doit être porté à l’attention du peuple américain», indique-t-il sur son site.
La Fédération américaine des employés du gouvernement (AFGE), qui représente près de 800.000 fonctionnaires fédéraux aux États-Unis, avait réagi à la suite de l’annonce de la création de ce site le qualifiant de «tactique d’intimidation visant à menacer les travailleurs fédéraux et à semer la peur», indique le journal britannique The Guardian .
L’American Accountability Foundation a reçu ces dernières années plusieurs subventions de la part des proches de Donald Trump et d’organisations conservatrice. L’association a notamment entretenu des liens avec l’America First Legal Foundation, une organisation juridique conservatrice fondée par Stephen Miller, le conseiller en politique à la Maison-Blanche. En 2022, ce réseau de juristes s’était déclaré comme l’entité en charge de l’American Accountability Foundation et lui avait versé 25 000 dollars, rapporte le New York Times.
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L’American Accountability Foundation avait touché plus de 100.000 dollars de dons de l’Heritage Foundation, un cercle de réflexion conservateur et trumpiste à l’origine d’une feuille de route pour le deuxième mandat de Donald Trump intitulée «Projet 2025» . Ce plan prévoyait un programme ultraconservateur avec une purge au sein des agences fédérales et une expulsion massive de sans papiers. Le groupe conservateur présidé par Tom Jones a également perçu plus de 500.000 dollars de donations par le Conservative Partnership Institute, une organisation conservatrice qualifiée par le quotidien new-yorkais comme l’«incubateur» des politiques du nouveau président républicain.
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