Après des critiques qui reprochent à cette institution de ne pas avoir pris la mesure de la vague #MeToo, c’est sur le plan financier, de sa gestion et de sa gouvernance qu’elle a été étrillée, dans un rapport portant sur sa gestion depuis 2016.
La Cour des comptes a pointé mardi un «défaut de pilotage» du ministère de la Culture sur la Cinémathèque française et appelle l’État à exercer une véritable tutelle sur cette association.
L’institution, sise à Paris et présidée par le cinéaste Costa-Gavras, est depuis des semaines sous le feu des critiques qui reprochent à ses dirigeants de ne pas avoir pris la mesure de la vague #MeToo. Mardi, c’est sur le plan financier, de sa gestion et de sa gouvernance que la Cour des comptes l’a étrillée, dans un rapport portant sur sa gestion depuis 2016.
« Le moment n’est-il pas venu pour la Cinémathèque française d’ouvrir une nouvelle page de son histoire pour mieux remplir ses missions ? », s’est interrogé le président de la Cour des comptes Pierre Moscovici lors d’une conférence de presse. « Cela suppose sans doute d’accepter des évolutions majeures », a-t-il ajouté, évoquant un « défaut de pilotage du ministère » de la Culture.
La Cinémathèque est financée aux trois quarts par des subventions publiques, à hauteur de 20 millions d’euros annuels. « Le ministère de la Culture est censé exercer sa tutelle via le Centre national de la cinématographie (CNC), qui est cependant pour l’association plus un partenaire qu’une véritable tutelle, déplore la Cour. Le statut associatif actuel a montré un défaut de contrôle et de vision stratégique par la tutelle. »
De plus, près de 90 ans après la création de l’institution à la renommée mondiale, chargée de la conservation des archives du cinéma et de faire connaître l’histoire du septième art au public, ses statuts « sont devenus obsolètes ». « Rien ne justifie que le ministère de la Culture soit absent du Conseil d’administration d’un de ses opérateurs et le CNC n’y a au demeurant qu’une voix consultative », souligne encore la Cour des comptes qui propose de transformer la Cinémathèque en « fondation reconnue d’utilité publique » ou de décider un « adossement renforcé au CNC, voire une intégration, en laissant demeurer à ses côtés une association des amis de la Cinémathèque ».
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