Mardi, le patron de LVMH avait dénoncé la contribution exceptionnelle sur les sociétés actuellement en préparation, estimant qu’il s’agissait d’une «taxe sur le made in France» qui «pousse à la délocalisation».
«Douche froide» pour Bernard Arnault, «mal nécessaire» pour l’exécutif. Ce mercredi, plusieurs membres du gouvernement ont répondu aux critiques formulées la veille par le patron français de LVMH, qui a dénoncé la surtaxe d’impôt sur les sociétés en préparation en France pour les plus grosses entreprises. Interrogée au sortir du conseil des ministres, la porte-parole du gouvernement, Sophie Primas, a ainsi dit comprendre «la colère» de l’homme d’affaires, ajoutant toutefois que «dans la condition budgétaire dans laquelle nous nous trouvons, chacun doit prendre part aux efforts» pour rétablir les comptes publics.
Un peu plus tôt, mercredi matin, le ministre délégué chargé de l’Europe, Benjamin Haddad, se montrait compréhensif : «Quand vous avez un grand entrepreneur qui exprime ce genre d’inquiétude, il faut respecter et écouter», a-t-il jugé, au micro de FranceInfo. «Ce que dit Bernard Arnault, on l’entend de beaucoup de patrons de PME, de chefs d’entreprises», a expliqué le membre du gouvernement, vantant la politique fiscale en faveur de l’offre mise en place par Emmanuel Macron. «Continuons sur cette dynamique de réforme, de stabilité fiscale, pour continuer à faire venir des entreprises. Mais […] nous devons réduire les dépenses et les déficits. Il faut trouver cet équilibre», a-t-il développé.
Dans le même temps, son collègue Laurent Marcangeli a lui aussi défendu les arbitrages fiscaux du gouvernement, dans un contexte budgétaire pour le moins complexe. «Aujourd’hui, la situation est compliquée, il faut en tenir compte. Il y a des comptes à rendre au niveau de notre dette. (…) Il y a un effort temporaire à réaliser dans le cadre de ce budget», a répondu le ministre de la Fonction publique au milliardaire.
Relancé sur la question de la durée de cette mesure exceptionnelle, Laurent Marcangeli a botté en touche : «Nous verrons si l’année prochaine c’est encore valable», a-t-il éludé. La veille, en présentant les résultats de 2024 de son groupe, Bernard Arnault avait estimé que la surtaxe d’impôt sur les sociétés, actuellement en préparation par le gouvernement Bayrou, était une «taxe sur le made in France» qui «pousse à la délocalisation».
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Retour sur les 4000 suppressions de postes dans l’Éducation nationale
Interrogé sur le champ de son portefeuille ministériel, mercredi matin, Laurent Marcangeli a confirmé que l’exécutif prévoyait plusieurs mesures d’économies en 2025 sur la fonction publique. Parmi elles, le gel du point d’indice, le non-versement d’une prime et la baisse de l’indemnisation des arrêts maladies. «L’indemnisation des agents publics en arrêt maladie va baisser, nous passons de 100% à 90%», a-t-il déclaré. «C’est un amendement qui a été voté au Sénat et que j’ai défendu», a précisé ce proche d’Édouard Philippe.
Interrogé sur le gel du point d’indice sur l’année 2025, il a répondu : «Oui, nous ne sommes pas en capacité aujourd’hui d’augmenter le point d’indice pour les fonctionnaires.» Quant à la prime Gipa – une prime en faveur du pouvoir d’achat pour compenser l’inflation que touchaient en 2023 au moins 188.000 agents -, «elle n’a pas été versée en 2024 et il n’est pas prévu de la verser en 2025», a précisé le ministre.
En termes d’économies budgétaires, ces mesures représenteront «800 millions d’euros pour le non-versement de la prime Gipa et 900 millions euros pour les 90% de versement (d’indemnités) pour les personnes en maladie ordinaire», a-t-il dit. «Par ailleurs, vous n’avez pas de mesures catégorielles sur l’année, qui coûteraient quelques centaines de millions d’euros. Si on revalorisait le point d’indice, cela coûterait à peu près 3 milliards d’euros», a-t-il ajouté.
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Budget : François Bayrou renonce aussi aux trois jours de carence des fonctionnaires
En revanche il a confirmé que le gouvernement avait renoncé à passer à 3 jours de carence pour les fonctionnaires en arrêt maladie : «On ne reviendra pas là-dessus», a dit le ministre. Il a également confirmé que le gouvernement renonçait à la suppression de 4000 postes dans l’Éducation nationale, tout en renvoyant la décision finale au Parlement. Le ministre a indiqué par ailleurs souhaiter le maintien de la création de 2000 postes d’AESH (accompagnants d’élèves en situation de handicap), jugeant qu’il s’agissait là d’ «une nécessité».
Ces dernières décisions ont été prises par le premier ministre François Bayrou dans le cadre de ses concessions au Parti socialiste pour tenter d’obtenir un accord de non-censure sur le budget. Pour 2025, le gouvernement ambitionne de ramener le déficit public à 5,4% du PIB au prix d’un effort budgétaire de plus de 50 milliards d’euros, dont environ 32 milliards d’économies et 21 milliards de recettes.
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