REPORTAGE – Depuis qu’une trêve a gelé le front du nord-ouest syrien en 2020, d’anciens rebelles armés, syriens comme étrangers, se sont lancés dans les affaires. Avec la chute de Bachar Al-Assad et l’ouverture du bastion islamiste au reste de la Syrie, ces entrepreneurs provinciaux voient s’ouvrir à eux un marché national… Voire international.
« Welcome, welcome ! » Avec un grand sourire, Omar nous invite à prendre place dans un petit salon attenant au hall d’entrée d’un immeuble de bureaux, dans une localité d’Idlib jouxtant la frontière turque. Il parle anglais, avec un fort accent australien. Et pour cause : « Je suis né et j’ai grandi à Sydney. J’y ai même vécu jusqu’à mes 26 ans », explique le trentenaire, fils de parents égyptiens ayant émigré en Australie bien avant sa naissance. Et pourtant, après un passage en tant qu’infirmier au sein de plusieurs groupes djihadistes, le voici depuis une dizaine d’années à Idlib, à la tête de plusieurs entreprises.
Avant de venir en Syrie, Omar était un jeune « Aussie » de la capitale, ne parlant qu’un arabe approximatif. La politique ? « On en parlait peu en famille. Ça s’arrêtait à : pour qui vas-tu voter ? Passe-moi le beurre », se rappelle-t-il en riant. La famille, comme l’immense majorité des musulmans dans le pays, pratique un islam modéré…
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