XV de France : «Galthié a le choix du roi», Ntamack, Jalibert ou Ramos… Qui pour assurer l’ouverture face au pays de Galles ?

Avant le début du Tournoi des six nations, le débat fait rage pour le poste d’ouvreur, entre Ntamack, Jalibert et Ramos. Christophe Lamaison, ancien grand numéro 10 des Bleus, apporte son éclairage.

Ils sont de retour. Romain Ntamack et Matthieu Jalibert, les deux prodiges du rugby français, figuraient tous deux, mercredi 15 janvier dernier, sur la liste de Fabien Galthié pour préparer le Tournoi des six nations. Le premier avait été victime d’une grave blessure en août 2023 face à l’Écosse, l’empêchant de disputer la Coupe du monde et le tenant éloigné du maillot bleu durant une longue période. Le deuxième a connu une année mouvementée avec le XV de France : blessé contre l’Italie au cours du Tournoi des six nations 2024, il avait quitté le rassemblement lors de la dernière tournée d’automne.

En leur absence, c’est le Toulousain Thomas Ramos, habituel arrière, qui a crevé l’écran à ce poste, en jouant cinq matches à l’ouverture sous le maillot frappé du coq en 2024. Trois numéros 10 de niveau mondial, et une question qui agite les suiveurs du rugby français à quelques jours de l’ouverture du Tournoi des six nations ? À qui confier les clés du camion ?

Si on gagne, c’est grâce à l’équipe, si on perd, c’est à cause du numéro 10

Christophe Lamaison

Interrogé par nos soins, Christophe Lamaison, ouvreur international aux 37 sélections avec les Bleus, se réjouit d’abord de posséder un vivier de qualité à un poste où le rugby français n’a pas toujours été gâté au cours de la dernière décennie : «Si on prend de la hauteur par rapport à la question, Fabien Galthié a aujourd’hui le choix du roi, ce qui n’était pas forcément le cas il y a quelques années. On n’a pas toujours eu des joueurs très performants à ce poste.» L’ancien Briviste souligne aussi l’immense pression que les ouvreurs subissent sous le maillot bleu : «Si on gagne, c’est grâce à l’équipe, si on perd, c’est à cause de l’ouvreur.»

Si Jalibert réalise un magnifique début de saison avec l’Union Bordeaux-Bègles et que Ramos est certainement celui qui a le plus prouvé ces derniers temps à ce poste avec les Bleus, la tendance est actuellement du côté de Ntamack, qui a porté la chasuble 10 durant toutes les séances d’entraînement, et à qui Fabien Galthié semble avoir accordé son entière confiance.

«Ntamack aura la pression»

Pour Christophe Lamaison, la question ne fait peu de doute. Il voit en Romain Ntamack, malgré un début de saison loin d’être idéal, l’homme de la situation pour débuter la compétition, fort de son entente avec Antoine Dupont : «C’est sûrement le numéro 1, il évolue dans une équipe qui joue les premières places et au sein d’une charnière complète avec Antoine Dupont, qui, en tant que meilleur demi de mêlée du monde, peut aujourd’hui sublimer l’entente avec son ouvreur. Logiquement, il me semble que le Toulousain a tout pour être titulaire, et à lui de montrer qu’il peut enchaîner les matches et dire à la concurrence que c’est bien le taulier. Il ne faut pas non plus oublier que dans ce trio, c’est lui qui aura la pression. Encore une fois, par rapport à son début de saison, son association avec son compère à la mêlée devrait forcément l’aider. Il devrait déjà jouer face au pays de Galles et à l’Angleterre. De toute manière, il y aura un bilan après le premier match.»

Jalibert, «un gap à franchir»

Le Girondin est certainement l’ouvreur français le plus en forme du moment, mais son déclassement dans la hiérarchie de Fabien Galthié s’est confirmé. Mercredi dernier, il faisait partie des 19 joueurs libérés par le staff des Bleus. «C’est comme ça, il y a trois joueurs pour un seul poste. Bien sûr, dans ses performances avec l’Union Bordeaux-Bègles, on le constate, c’est un très bon joueur et un très bon animateur. Par rapport au niveau international, il y a peut-être un gap à franchir, il n’est pas loin de ça. À la Coupe du monde 2023, il s’est retrouvé numéro 1 mais n’a pas forcément su répondre aux attentes», commente «Titou» Lamaison.

Et d’ajouter : «Les Bordelais diront que c’est le meilleur du monde, les Toulousains diront que non. C’est un faux débat, je pense sincèrement que c’est à lui de montrer sur le terrain ce dont il est capable. Concernant les échanges qu’il a eus avec Fabien Galthié, et encore une fois, bravo au sélectionneur, il y a cet aspect psychologique, cet environnement qu’il faut gérer, et on est loin de la réalité du terrain. S’il est bon sur le terrain, ça peut lui sourire.»

Ramos, «le débat est ouvert»

«Je préfère jouer à l’arrière», avait-il assuré dans une interview pour RMC  lors de la dernière tournée d’automne. Il n’empêche que Thomas Ramos a bien été titularisé par Fabien Galthié à la charnière, a réalisé trois matches de très haut standing en novembre, et apparaît comme une option sérieuse pour démarrer le Tournoi des six nations, qu’il avait d’ailleurs terminé à ce poste en 2024, après la blessure de Matthieu Jalibert. Lamaison ne tarit pas d’éloges sur le Haut-Garonnais : «Durant la dernière tournée d’automne, Ramos a assuré à ce poste qui n’est pas le sien, il a ce style de jeu polyvalent et au vu de son niveau de jeu, le débat est ouvert.»

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