CRITIQUE – Le comédien flamboie, depuis des mois, en dévoilant dans une lecture intime et profonde un Victor Hugo très éloigné de la statue froide et un peu intimidante du grand écrivain national.
Nul besoin de faire tourner les tables pour s’entretenir avec nos grands génies. Il suffit d’aller voir, d’écouter Fabrice Luchini. Depuis près de quarante ans, le comédien invite sur scène les géants de son colloque intérieur : La Fontaine, Molière, Baudelaire, Rimbaud, Céline. Il parvient par la conjugaison d’un talent unique et d’un travail acharné à les interpréter sans jamais les réduire. C’est même le contraire. Ils apparaissent dans leur premier éclat, leur vérité profonde.
Ainsi Victor Hugo, auquel le comédien consacre une lecture. La statue descend de son piédestal, c’est un Hugo intime, de chair, de sang (et de peine) qui se trouve devant nous : « J’ai bien assez vécu puisque dans mes douleurs… » On attendait les mouvements symphoniques, on entend une sonate poignante et délicate. Le père de Léopoldine que la tristesse désarme ne fait plus de rhétorique et laisse parler son cœur. Luchini semble lui aussi submergé. Le récit de la découverte par Hugo…
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