De Marc Madiot à Eddy Merckx en passant par Romain Bardet, Cyrille Guimard et Valentin Madouas, retrouvez les déclarations marquantes entendues et/ou lues en 2024 dans le monde de la Petite Reine.
La légende Eddy Merckx s’incline devant Tadej Pogacar
«Ce qu’il a fait, c’est vraiment incroyable, je ne trouve pas les mots. Ce type-là est inégalable, a confié «le Cannibale» au Parisien après le récital de «Pogi» lors des Mondiaux de Zurich. Il faut être fou. D’ailleurs, quand il a attaqué, j’ai commencé à avoir peur pour lui, je me disais qu’il était parti trop tôt. C’est impossible normalement de gagner à 100 km mais il l’a fait. Il est le plus fort de sa génération, il n’y a absolument aucun doute. Vous savez, à mon âge (79 ans), il en faut beaucoup pour me bluffer. Là, il a réussi. Je pensais qu’il pourrait être champion du monde, jamais je n’ai imaginé que ce serait de cette manière. C’est vraiment le plus grand, bravo à lui.» Subjugué, le grand Eddy Merckx s’est même incliné devant son successeur slovène dans les colonnes de L’Équipe : «C’est évident qu’il est maintenant au-dessus de moi. Je le pensais déjà un peu au fond de moi-même quand j’avais vu ce qu’il avait fait sur le dernier Tour de France, mais ce soir il n’y a plus de doute.»
«Je n’ai jamais vécu ça», Valentin Madouas impressionné par l’ambiance à Montmartre
C’était l’une des images fortes des Jeux Olympiques et de l’année sportive 2024 : les coureurs fendant une foule en délire sur les pavés de la butte Montmartre lors de la course en ligne des JO. Médaillé d’argent derrière l’intouchable Remco Evenepoel, Valentin Madouas a vécu une expérience unique. «C’est grâce à eux que je peux bien basculer dans les pavés de Montmartre. Je ne me suis pas retourné une seule fois avant le dernier kilomètre. Quand on voit la butte, on se dit que c’est incroyable. Je n’ai jamais vécu ça, même sur le Tour de France, a assuré le Breton de 28 ans, auteur d’une course folle. Vraiment, j’avais mal aux oreilles jusqu’à l’arrivée pendant vingt minutes. Il y avait un bruit tellement fort, j’avais l’impression d’avoir des écouteurs. Quand tu vois ce cadre, tu te dis que ce n’est qu’une fois dans une vie.»
Quand Cyrille Guimard sous-entend qu’Antoine Dupont serait… dopé
Une déclaration polémique. Exceptionnel avec l’équipe de France de rugby à 7 lors des Jeux Olympiques de Paris et auteur d’un retour fracassant avec Toulouse en Top 14, la star Antoine Dupont s’était attiré les foudres de… Cyrille Guimard. «Dopage !», s’est d’abord exclamé sur son compte X (ex-Twitter) l’ancien grand directeur sportif, mentor notamment des légendes Bernard Hinault ou Laurent Fignon. «Quelle est la différence entre Pogacar et Dupont. Pogacar est obligatoirement dopé, Dupont est une idole. Ouvrez les vrais dossiers du dopage dans le rugby». De quoi faire réagir un bon nombre d’internautes…
«On est en danger», Marc Madiot s’oppose au monoxyde de carbone
«On est danger. C’est simple, il faut dire non. C’est stop! Il faut que tout le monde s’engage», a lancé le manager de la formation Groupama-FDJ sur les ondes de RMC , à propos de l’utilisation du monoxyde de carbone au sein du peloton international. Durant le Tour de France, trois formations – UAE Team Emirates, Visma | Lease a Bike et Israël Premier Tech – auraient eu recours à ce produit qui permet de mesurer la masse d’hémoglobine et les bienfaits de l’altitude sur l’organisme. «Nous, les patrons d’équipes, On doit s’engager à ne pas acheter cet appareillage et à ne pas l’utiliser. Comment peut-on être crédible au moment d’attaquer la saison à venir si on sait que certaines équipes utilisent ce type de méthode et d’autres non ? Les téléspectateurs vont se faire la réflexion: est-ce que ce coureur respire du monoxyde de carbone, est-ce qu’il a le nez dans la gazinière pour respirer du charbon ?», a ajouté Marc Madiot. Depuis le «vœu pieux» du champion de France 1987, en décembre, l’équipe UAE de Tadej Pogacar a annoncé qu’elle stoppait son utilisation du monoxyde de carbone tandis que l’Union Cycliste Internationale (UCI) souhaiterait tout simplement l’interdire.
La «consécration» de Romain Bardet
Vainqueur surprise de la 1re étape du Tour de France reliant Florence à Rimini, en Italie, l’Auvergnat a porté durant 24 heures le maillot jaune, repris ensuite par Tadej Pogacar. «J’en ai vraiment profité. Je n’ai pas encore trop pu me poser mais c’était une expérience extraordinaire», a savouré le Français. «C’était un rêve de porter le maillot jaune, j’en avais fait un peu le deuil mais voilà maintenant c’est une consécration. C’était un objet inaccessible, une tunique extraordinaire qui couronne mon parcours sur le Tour», s’était ému Bardet dans la foulée de son succès, lui qui disputait sa dernière Grande Boucle avant de prendre sa retraite à l’issue du Critérium du Dauphiné 2025.
Pogacar dopé ? «Une question pas illégitime»
Interrogé sur les soupçons de dopage entourant Tadej Pogacar – qui a survolé le Giro, le Tour de France et les Mondiaux notamment – Christian Prudhomme s’est montré énigmatique. «Si un jour vous appreniez qu’il était dopé, vous seriez, surpris, déçu, écœuré ?» lui a-t-il été demandé dans un entretien accordé à La Dépêche. La réponse du directeur du Tour de France : «Vu le passé du cyclisme et pas si lointain, votre question n’est pas illégitime. Je n’ai pas de réponse. Je constate qu’il donne un allant aux compétitions cyclistes, par étapes ou d’un jour, assez impressionnant. Les contrôles existent, on s’est battu avec ASO pour avoir des indépendants, aujourd’hui c’est le cas avec ITA. Voilà…» Rencontré par Le Figaro en octobre dernier à Abu Dhabi, le coureur slovène enterrait, lui, le sujet : «Quelles interrogations? Non, je ne comprends pas…»
L’émotion de Jonas Vingegaard au Lioran
Victime d’un grave accident sur le Tour du Pays basque, lui causant des fractures de la clavicule et de plusieurs côtes, un pneumothorax et une contusion pulmonaire, le Danois n’était remonté sur le vélo à l’entraînement qu’au mois de mai avant de tenir sa place sur Le Tour de France en tant que leader de la Visma | Lease a Bike. «C’est très émouvant pour moi. Revenir de cet accident, cette chute…, a glissé à Eurosport le double vainqueur de la Grande Boucle (2022, 203), tête baissée et la larme à l’œil après sa victoire d’étape arrachée devant Tadej Pogacar au Lioran. Je suis désolé… Je n’ai pas de mots. Cela signifie beaucoup de choses. Ces trois derniers mois… Je repense à tout ça et je ne pensais pas être capable de le faire. Je n’aurais pas pu le faire sans ma famille.»
«Trop de fêtes et trop d’alcool» lance Lefevere à Alaphilippe
Le torchon a souvent brûlé entre Patrick Lefevere et son coureur star Julian Alaphilippe. Et le patron de la Soudal-Quick Step, adepte des déclarations fracassantes, a de nouveau taclé son leader dans les colonnes du journal néerlandais Humo, à l’aube de la saison 2024. «Julian est un bon gars. Mais après avoir signé son méga contrat, on ne l’a plus vu. Avec l’âge, vous devez prendre plus soin de vous, vous entraîner plus dur. Je pense que chez lui, il y a eu trop de fêtes et trop d’alcool», a lancé Lefevere. Avant d’asséner : «Il est sérieusement sous le charme de Marion (Rousse, sa compagne). Peut-être trop.» En fin de saison, les deux hommes ont vu leurs chemins se séparer, le manager belge quittant le “Wolfpack” et Alaphilippe rejoignant l’équipe suisse Tudor Pro Cycling.
Alaphilippe «touché» par le décès sur la route de la Suissesse Muriel Furrer
Julian Alaphilippe, justement, n’avait lui pas caché son émotion en septembre dernier, au moment d’évoquer le décès de Muriel Furrer, victime d’une grave chute sur une chaussée détrempée durant les Mondiaux juniors à Zurich. Atteinte d’un traumatisme crânien, la Suissesse est décédée le lendemain à l’hôpital. «Ça m’a mis un coup derrière la tête, honnêtement. Ça nous rappelle à quel point le cyclisme est un sport magnifique mais cruel et dangereux», a déclaré le Français, double champion du monde en 2020 et 2021. «On ne peut pas s’imaginer être à la place de ses parents, en plus chez eux, ça m’a beaucoup touché. Ça me tient à cœur de juste adresser mes condoléances et qu’on pense à elle et à sa famille. Le sport reprend ses droits, on court dimanche et on pensera à elle et à sa famille, mais ça fait mal à la gueule.» Le week-end suivant, Alaphilippe avait vu sa saison se stopper net en raison d’une chute sur son épaule gauche lors des premiers kilomètres de la course en ligne des Mondiaux.
Mark Cavendish fait ses adieux au peloton
«Le cyclisme m’a tellement apporté et j’adore le sport. J’ai toujours voulu y laisser ma marque (…) J’ai été assez chanceux pour faire ce que j’aime durant près de 20 ans et je peux désormais dire que j’ai accompli tout ce que je pouvais faire sur un vélo.» Mots signés Mark Cavendish. Considéré comme le plus grand sprinteur de l’histoire, champion du monde en 2011 et détenteur du record de victoires d’étapes au Tour de France (35), le Britannique a mis cette saison un terme à sa carrière à l’issue d’un ultime critérium disputé à Singapour en novembre dernier. Âgé de 39 ans, le «Cav» a brillé au sein du peloton durant quasiment 20 ans, remportant 165 courses dont Milan-San Remo en 2009.
Source du contenu: www.lefigaro.fr





